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Titre du blog : ASIST
Auteur : coca30
Date de création : 07-03-2009
 
posté le 04-06-2010 à 21:28:52

XYNTHYA : enfumage à tous les étages !!

Xynthia : confusion, « enfumage », petit et grand clientélisme

 


Le 29 avril 2009, lors d'un discours sur le Grand Paris prononcé à la Cité de l'architecture et du patrimoines, le président de la République se prononçait pour un assouplissement des règles de construction en zones inondables.

 

Mardi 2 mars, en pleine polémique sur la tempête Xynthia, la secrétaire nationale des Verts accusé Nicolas Sarkozy d'avoir lui-même "mis en cause la loi littoral"

Confusion : c'est le mot qui convient le mieux pour décrire la politique de l'Etat après la catastrophe due à la tempête Xynthia. Il y a presqu'un mois la mission commune d'information du Sénat sur les conséquences de cette tempête employait déjà ce mot en déplorant une "très grande confusion" et jugeant qu'une clarification était indispensable. "La mission fait le constat d'une très grande confusion dans l'expression publique sur cette question sensible. (...) Aujourd'hui encore, il y a un besoin évident de clarification", a indiqué la mission.


Cette confusion se lit dans la succession des déclarations contradictoires du gouvernement



Alors que la catastrophe a eu lieu en février dernier, le gouvernement a décidé hier, pour statuer sur le sort de quelque 300 maisons sur les 1.510 logements inscrits en "zone noire", de se donner du temps !

 

 Cette confusion se lit dans la succession des déclarations contradictoires du gouvernement.

 

A tout seigneur, tout honneur :


 le 16 mars, Nicolas Sarkozy:

 

à la Rochelle: "Nous ne laisserons pas se réinstaller des gens dans des maisons situées dans des lieux où il y a des risques mortels."

 

 Le 6 avril, Jean-Louis Borloo:

 

"Ils seront un peu plus d'un millier qui ne pourront plus habiter dans leur maison". Le 8 avril, le préfet de Charente-Maritime: « Les "zones noires" qui présentent "un danger de mort avéré" ne sont "pas négociables".

 

Le 10 avril, le préfet de Vendée:


"Cette cartographie ne bougera pas." "Si des propriétaires contestent (ce zonage), les juridictions concernées examineront leurs recours."

 

 Le 13 avril, François Fillon:


"Les critères qui ont été mis en oeuvre par l'Etat pour définir les zones (...) sont des critères objectifs, basés sur des observations concrètes, précises, et ils n'appellent pas de remise en cause, en tout cas pas dans la phase actuelle".



Corinne Lepage, avocate des victimes, dénonce « une opération d'enfumage



Alors comment expliquer cette confusion. Corinne Lepage, avocate des victimes, dénonce « une opération d'enfumage. Le préfet a envoyé à des gens des courriers les menaçant de démolir leur maison alors qu'il n'avait pas le droit de le faire. Mais le tribunal administratif de Nantes a considéré que ces courriers étaient bien des décisions et a donné deux mois aux habitants pour saisir le tribunal. Le délai expire le 8 juin et comme par hasard le 3 juin M. Apparu communique en disant qu'il n'a jamais été question de démolir... Ils veulent évidemment éviter les recours devant le tribunal ».


Nicolas Sarkozy a justement fustigé  une «cascade de décisions litigieuses», oubliant juste qu'il préconisait voilà à peine un an un assouplissement de la législation pour que les terrains inondables deviennent constructibles !




En attendant, avez-vous vu démissionner quelques-uns des Maires, des membres du Conseil Général qui, à l'instar de Philippe de Villiers, président du conseil général de Vendée, a couvert ces constructions litigieuses qui se sont révélées criminelles ?

                     (cliquez sur le lien ci dessous)

Non, De Villiers a préféré dresser un écran de fumée pour déplorer que le conseil général n'ait pas eu « une compétence juridique » pour l'urbanisation du littoral, alors qu'il l'avait cette compétence et que l'un de ses vice-présidents a signé les procès-verbaux !


À tous les échelons, on a fermé les yeux.

Philippe de Villiers n'a pas été le seul à lancer des écrans de fumée.


 Nicolas Sarkozy, venu en mars en Vendée, a fustigé justement une «cascade de décisions litigieuses». Oubliant qu'il préconisait voilà à peine un an un assouplissement de la législation pour que les terrains inondables deviennent constructibles !

 

 Avez-vous vu depuis février un maire, un conseiller général, un président de conseil général assumer ses responsabilités et démissionner ?


À la Faute sur mer, la bien nommée, et dans le coin:

 le petit clientélisme ordinaire entre promoteurs et hommes politiques, va se poursuivre tranquillement. Toutes les autorisations données au sceau de l'incompétence et des intérêts bien compris vont pouvoir continuer comme avant.

 

Un an plus tard Nicolas Sarkozy s'est rendu en Charente-Maritime et en Vendée, 15 jours après le passage de la tempête Xynthia,  A l'issue d'une réunion de travail à huis clos, le président a fait des annonces concrètes aux sinistrés et a fustigé  une «cascade de décisions litigieuses», oubliant ce qu'il disait en avril de l'année précédente !

                           

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                         le nouvel observateur du 3 juin 2010

 

 

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               Villanueva Serge président de l'association "ASIST"

                                               et

                                Administrateur à l'AFPCN 

 

          ( Association française de prévention des catastrophes naturelles)